Pour toutes les boîtes agiles, data-driven et AI-ready mais dont les logiciels de notes de frais datent du premier mandat de Chirac


📚 Point livre : Ciao les nazes est toujours dispo en librairie. Il s’est passé de ces bails ! Samuel Étienne a lu en entier l’article de Libé sur le bouquin dans sa revue de presse des bonnes nouvelles. Mon interview par Boutayna Burkel dans À bout de taf est en train de péter les records du podcast. J’suis passée à la radio un dimanche soir sur RTS Première (c’est en bas ici). Et d’autres trucs arrivent !
🎙️ POINT PODCAST : cet article est bien sûr dispo en version audio dans le podcast CDLT, sur Spotify, Apple Podcasts et Deezer comme d’hab vous savez.
💸 Point monétisation : vous êtes des grands malades en fait ? Quand j’ai lancé le Tipeee de CDLT, je me disais sincèrement que je comprendrais tout à fait que ça soit pas du tout une prio pour vous de lâcher de la thune, surtout avec pas de contrepartie exclusive de folie. ET IL S’EST PASSÉ QUOI ? Vous avez été 55 à contribuer en février et attendez, je vous je lâche les chiffres (je suis moi-même choquée) :
- Sur le premier mois, à l’heure où j’écris : 819 € ?? Mais vous êtes des oufs en fait ?? Y'en a parmi vous qu'ont genre payé un abo annuel, mais d'un coup ?? J'en reviens pas.
- Dont 146 € de tips récurrents. Genre non seulement mes logiciels sont désormais payés chaque mois mais si je me chauffe, je peux prendre un abonnement à Macramé Magazine ??
Premier effet du truc : Tipeee s’est mis à me suivre sur toutes les plateformes (je les imagine au bureau se réunir à cinq derrière l’ordi de quelqu’un à regarder mes stats en se disant : “mais c’est QUI cette meuf ??”) et m’a nommée “Créatrice de la semaine”. Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ?
Deuxième effet du truc : ces contributions et vos messages incroyables, vos encouragements, ce que vous m’avez raconté sur comment CDLT vous a aidé·es à des moments de vos vies pro et comment ça vous semblait naturel de me soutenir… en fait après une phase de surexcitation, ça m’a donné… une sorte de calme assurance ? Une sorte de décharge d’énergie, mais sereine ? Une forme de prise de conscience que oui en fait, c’est du taf, et que vous y trouvez de la valeur, et que du coup ça mérite que non seulement je continue, mais que j’y consacre un temps dédié et sacralisé. Une envie de repartir pour un sacré paquet de tours en sachant que j’ai une chance incroyable de vous avoir. Merci.
Troisième effet du truc : ça a déjà changé des choses dans ma vie. Non mais vraiment, c’est un peu dingo. La première chose, c’est que, pour la première fois depuis tranquillement 6 mois, j’ai écrit cet article… un jour ouvré ? Genre j’ai pu considérer que d’écrire CDLT c’était une des composantes de mon taf ? Genre là, j’écris cette intro un vendredi midi, dans la foulée j’enregistre, et résultat je vais avoir un… week-end ? C’est pas chtarbé ? Et c’est grâce à vous. La deuxième chose c’est que j’ai pu lâcher un petit billetos à ma correctrice, Élodie, et ça fait du bien de rémunérer le taf des meufs. La troisième chose, c’est que ça m’a donné confiance dans la valeur de CDLT comme un média, et du coup, vous allez être fiers/fières de moi (et peut-être que vous allez halluciner) (moi j’hallucine) car…
🚀 Point sponso : quand j’ai eu l’idée de cet article, j’ai aussi eu l’idée… de le proposer à un annonceur qui serait parfait pour faire un partenariat. Oui, MOI, comme une grande, je suis allée parler à Lucca, le super logiciel RH, pour leur proposer un sponsoring. Et Lucca a dit oui. C’est pas super ? Et ce qui est super, c’est qu’en fait moi j’avais peur que la sponso ça me fasse écrire des articles un peu forcés sur des sujets pas naturels, et là c’est TOUT L’INVERSE : j’ai écrit l’article qui est sorti de mes tripes, et Lucca s’y intègre tellement naturellement qu’on dirait que ça serait moins bien sans. Enfin, vous me direz, mais moi je trouve.
Évidemment, là, c’est un cas idéal parce que j’adore Lucca et qu’avec la team Com on se kiffe et on se fait confiance, et ça n’arrivera pas tous les quatre matins. Mais alors déjà, j’espère que ça va réarriver quelques matins quand même (coucou les marques). Et puis c’est fou parce qu’entre le dernier article où je disais que je savais pas comment valoriser mon taf, et cet article-ci, vous m’avez assuré un premier mois de revenus avec le Tipeee, et Lucca me permet d’assurer le deuxième mois.
C’EST DINGO.
SI ÇA SE TROUVE C’EST MA NOUVELLE VIE ?
DIN-GO.
Tout ça pour dire : article écrit en partenariat avec Lucca <3 et grâce au fait que vous êtes super.
Bon.
Entre le dernier article et celui-ci, mes potes ont réalisé une intervention.
Vraiment. Ils m’ont prise entre quatre yeux (enfin six en l’occurrence), ont fait baisser leur voix d’une octave et ont mobilisé tout ce qu’ils ont pu trouver de tournures pas directes turbo-CNV pour me passer le message qui suit : Sev, ils sont bien hein, tes derniers articles. Mais euh… Tu viens de t’enquiller 3 pavés de 20 minutes de temps de lecture sur : la valeur du travail, le déclin civilisationnel et le burn-out. Sur le podcast, tu as agrémenté ça d’un petit épisode sur la gestion émotionnelle des temps de catastrophe. Et euh… vraiment c’est pas que c’est pas bien c’est… euh… tu veux pas faire un petit break ? Un truc un peu léger… voire… positif ?
Croyez-moi ou pas, l’idée ne m’avait pas traversé l’esprit.
Donc je me suis mise en quête de sujets rigolos.
Et j’ai trouvé… les notes de frais. C’est léger ça. C’est frais, comme son nom l’indique. Haha. Humour.
Puis j’ai commencé à en parler autour de moi, l’air de rien (c’est une technique journalistique hyper pointue : je lance des sujets et ensuite je prends des notes quand les gens racontent). Et euh… J’ai assisté à des déferlements de colère ? Mais de type… intenses ? Genre y’a plein de patates sur lesquelles les gens en ont gros ? Ensuite j’ai fait un petit sondage Ipsauce sur mon Insta rapport à savoir comment ça se passait dans les boîtes des gens les notedef, et quand j’ai lu certaines réponses ma tête ressemblait vraiment fort à l’emoji avec les yeux ronds et la bouche ouverte.
Et c’est vrai que quand on y pense, c’est dingo le concept d’une note de frais : nous, en tant qu’individus, on fait UN PRÊT À TAUX ZÉRO à notre entreprise, avec notre argent, ET EN ÉCHANGE… elle rend galère le fait de nous faire rembourser. C’est magnifique comme système.
Allez c’est donc parti pour un peu de rage gratos.
Enfin pas si gratos que ça. Lucca a analysé les notedefs de 60 000 de ses utilisateur·ices en 2024 et a trouvé que 18 % des notes de frais dépassent 500 € par mois. Selon une étude Ifop en 2022 et 2023 :
80 % des cadres font des notes de frais (c’est 84 % dans les boîtes de plus de 500 salarié·es)
1 sur 2 lâche plus d’un SMIC par an en notedef
Parmi les cadres qui réalisent des notes de frais, 32 % ont déjà été en difficulté financière à cause d’elles : 17 % même à découvert, contre 14 % l’année d’avant
À cause des process, des règles et des délais, 31 % (QUASIMENT UN TIERS) déclarent qu’il leur arrive de ne même pas faire leurs notes de frais et donc de ne pas se faire rembourser. Une étude en 2018 estimait à 212 euros en moyenne par employé·e le montant des notes de frais PAS remboursées par an, ce qui donne 600 millions d’euros au total en France
Seules 18 % des entreprises remboursent en moins d’une semaine, contre 47 % en deux semaines ou plus. 53 % des cadres de grandes entreprises doivent attendre plus de 2 semaines
44 % des cadres craignent de ne pas être remboursé·es, 58 % de perdre les justifs papier
Et tout ça s’accompagne d’un petit sentiment d’injustice, et d’une impression d’assurer gratos la tréso de la boîte : 78 % des cadres déclarent réaliser des dépenses qui devraient être prises en charge directement par l’entreprise (38 % “souvent”).
La version 2022 de l’étude demandait des anecdotes, que je vous livre ici car elles sont assez éclairantes. :
“Horaire d'achat du sandwich refusé, il aurait dû se situer pendant la réunion que j'animais.”
“Une collègue qui avait le droit de prendre un repas lors d'un déplacement n'avait pas faim et s'était contentée d'un Perrier. Elle s'était vue refuser le remboursement sous prétexte qu'on remboursait les restos mais pas les bars.”
“On a rejeté une note de frais de 2 € pour un café dans un hôtel au motif que le petit-déjeuner était inclus dans le prix de la chambre.”
“Le fait de devoir imprimer les factures PDF des hôtels au lieu de pouvoir les envoyer directement par mail.”
“Demande d'informations 14 mois après présentation d'une note (donc une grande facilité pour retrouver le contexte...).”
“L'obligation de faire référencer un fleuriste (procédure particulièrement longue) pour un bouquet de fleurs acheté pour le décès d'un salarié.”
Je me permets d’ajouter quelques pépites issues de mon propre sondage :
“Saisie dans un outil, double validation, puis téléchargement de la note en PDF et envoi par mail à un presta en Pologne. Je précise que je bosse dans une boîte de services IT.”
“Dématérialisé MAIS il faut la note papier sinon le service compta… IMPRIME LE SCAN ??!!”
“Je dois les déposer en papier à Lyon, mon bureau est à Marseille.”
“Je dois avoir l’accord de la terre entière (N+4) AVANT de pouvoir faire une note de frais de 10 €.”
“Je bosse en hosto on achète parfois notre propre matos.”
Je dois vous avouer que j’ai pouffé parfois, alors que en fait c’est pas NON PLUS HILARANT. Car, je le rappelle, on se parle d’avancer de l’argent à sa boîte. On se parle de lui FILER DE LA TRÉSO. Alors que, je suis pas non plus experte, mais c’est censé aller dans l’autre sens je crois : normalement il me semble que le concept du travail c’est que ce sont les entreprises qui filent de l’argent aux gens qui bossent pour elles pour que les gens aient de la tréso. Mais j’ai peut-être loupé un truc ?
Quand on y pense, rendre le process de remboursement pénible, ça demande quand même des efforts et de la créativité, et les efforts et la créativité, ça se salue. J’aimerais donc saluer :
Les logiciels des années 90 : les trucs n’ont pas vu de mise à jour depuis 2011, d’ailleurs il faut un navigateur spécifique pour y aller, genre Microsoft Edge. Chaque page met 30 secondes à charger, et comme chaque notedef nécessite sa propre ouverture de page, il faut prévoir l’aprem. Ensuite, pour chaque notedef il faut remplir un nombre astronomique de champs, genre le montant, la date, un code projet, un centre de coût secondaire, la nature analytique, la raison de la note de frais ainsi évidemment que la TVA. Il faut évidemment joindre un fichier pour chaque justif, mais dans un format spécifique (généralement un PDF d’une seule page inférieur à 2 Mo et sans espace ni accent dans le nom).
Les process à 12 étapes : car parfois l’utilisation d’un logiciel n’empêche pas de devoir doubler d’un Excel qu’il faut par ailleurs imprimer et apporter en physique (idéalement, donc, dans une autre ville), accompagné de toutes les factures photocopiées et, bien sûr, signées et annotées.
Les règles hyper précises et vraiment très détaillées de type : pré-validation obligatoire AVANT dépôt voire AVANT dépense, hôtel/train/avion uniquement via l’agence de voyage partenaire, facture au nom de la société obligatoire, pourboire non-remboursé, plafonds arbitraires de type “max 52 € pour une chambre d’hôtel, mais 56 € à Paris”, 2e classe obligatoire même pour 8h de transport, précision nécessaire du contexte, des invités, de l’objectif d’un repas ainsi que des intolérances alimentaires et du sujet de la discussion, refus des boissons, original papier obligatoire même si la facture est digitale.
Les process de validation labyrinthiques : genre valid par N+1, N+2, N+3, N+4, N+5, N+6, N+7, DG, P-DG, approbation du Board, contresignature du Président de la République et de la Présidente de la Commission Européenne, ainsi que de la compta, avec évidemment à chaque étape un risque de retour à l’envoyeur pour un détail mineur de type “les déjeuners c’est jusqu’à 13h59 enfète et là y’a marqué 14h03”.
Les délais de remboursement qui peuvent aller jusqu’à plusieurs semaines, parfois plus, montrant qu’il n’y a pas que les prestas qui ont le droit d’expérimenter la félicité du “45 jours fin de mois”.
Ce qui est génial avec ces méthodes, c’est qu’en plus de bouffer un temps de malade (estimé à 20 minutes par notedef en moyenne), elles créent un climat de suspicion, où les gens qui ont, on le rappelle, PRÊTÉ LEUR ARGENT À LEUR BOÎTE, doivent PROUVER qu’iels MÉRITENT qu’on le leur rende et qu’iels n’ont pas dilapidé la thune de l’entreprise à des fins purement hédonistes de type boire un café crème à la gare de Lyon Part-Dieu un matin de semaine à 6h47.
Je sais bien que je suis de mauvaise foi. Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et il est important, là, rapport à l’objectivité journalistique (je vise le FIFA Journalism Prize 2027), de tenter une catégorisation pointue des différents types de relation à la notedef, grâce à mon Barre-omètre Ipsauce (oui c’est un baromètre pour se taper des barres) (humour). Oh attendez, on va faire un mapping mental. Mieux, une matrice mentale !
Là je pense qu’on peut faire quatre catégories hyper simples.
So Old School it’s not a school it’s Le Pensionnat de Chavagnes : ce process marchait très bien en 1987, on n’a jamais vu l’intérêt de le changer. Il est très sensoriel car il implique généralement l’odeur et la texture du papier, le lent perlage d’une goutte de sueur à la 58e case à remplir et le chant mélodieux d’une photocopieuse en bourrage papier.
Hybride : un outil numérique existe MAIS il n’a pas remplacé l’ancien process, il s’y est ajouté pour créer un mille-feuille administratif incluant dématérialisation ET rematérialisation, upload de documents ET impression des mêmes documents, c’est l’histoire de la vie, le cycle éternel.
Innovation-IA-blockchain-emojifusée : ces gens sont dans le futur. Ces gens lisent cet article en ricanant, car ces gens bénéficient d’un logiciel MODERNE où il suffit de prendre en photo le justif qui est automatiquement analysé, validé, et remboursé rapido. Vous voyez parfois des gens dans la rue on dirait pas qu’ils sont en train de marcher comme nous autres mortels, on dirait qu’ils FLOTTENT ? Ben voilà c’est ces gens-là.
Hors-compétition : je ne pouvais pas dans cette dernière catégorie ne pas faire honneur aux personnes qui bossent dans le public, et qui ont répondu à mon sondage peu ou prou comme la 4e case de ce meme (merci à Seb pour cette idée incroyable) :
Car oui, dans les boîtes, notamment celles où les process sont toupétés, tout le monde n’est pas égal face à la notedef, loin s’en faut. D’après une étude longitudinale selon la méthode Doye-Mouillay®, on peut distinguer à peu près trois personas :
Les élu·es : ça globalement, c’est la Direction. Un peu comme Jack Lang qu’on n’a askip jamais vu sortir une carte bleue de sa vie, l’argent de la boîte leur est une notion théorique. Ces gens ne réservent ni leurs avions en business ni leurs hôtels design puisque d’autres gens s’en occupent. Ces gens n’ont pas eu à remplir une note de frais depuis des années puisque d’autres gens s’en occupent. Parfois, ces gens, chevaleresques, payent un truc rocambolesque avec leur carte corpo genre un Jéroboam de champagne pour fêter quelque chose, sous les yeux médusés de leurs ouailles qu’on est venu enquiquiner deux jours plus tôt pour un café à 2 balles.
Les passe-droits : ça c’est une catégorie intermédiaire, armée généralement d’une Amex (qui donne les Amex ? Est-ce qu’en échange il faut faire un pacte de sang ? Est-ce qu’il y a une petite cérémonie d’adoubement ?), qui fait que ces gens ne sont pas intégralement déconnectés des choses car il faut quand même filer des justifs, mais il suffit de bien se démerder pour ne jamais voir la thune sortir de son propre compte, TOUT EN collectant des Miles qui permettent de se la péter. En gros, ces gens ont oublié le concept du remboursement de note de frais. Et ça se voit : leur poil est plus soyeux, leur truffe plus humide, leurs yeux brillent davantage.
Les pélos : ça, c’est généralement les middle-managers, et ce sont les VRAIES victimes du système. Il est temps pour moi de les venger car ce sont les personnages tragiques de cette farce. Ça va être le bullet point le plus long de l’histoire de CDLT car il faut leur rendre justice, à ces valeureux·ses pélos. Trop seniors pour ne pas payer pour les juniors, mais pas assez seniors pour avoir une corporate card. Généralement, c’est à elles/eux d’avancer les frais pour les dej d’équipe, les trajets, les activités de groupe vu qu’iels les organisent. Si en prime iels commencent à voyager pour le taf, l’avance des trajets et hôtels est pour leur pomme (dites-vous qu’une copine à moi) (pas moi) (une copine, quelqu’un d’autre que moi) (vraiment c’est pas moi) (a dû une fois demander… une avance sur salaire pour pouvoir… avancer une chambre d’hôtel… qui n’a été remboursée que deux mois plus tard). Ça serait déjà dramatique si on s’arrêtait là, mais on ne s’arrête pas là, parce que les pélos se retrouvent AUSSI à payer pour les catégories d’au-dessus, leurs boss, qui peuvent se permettre de déléguer leur phobie administrative et de se barrer d’un dej client dans un restau prout-prout avant le dessert en lâchant, grands seigneurs “Je dois filer tu peux prendre l’addition ? Mais tu expenses bien sûr”. Bien sûr. Merci. C’est quoi, 400 balles ? Rien. Une broutille. ET C’EST PAS FINI J’AI ENCORE BESOIN DE PURGER JE VOUS DIRAI QUAND VOUS POURREZ RESPIRER. Si ce sont les victimes du système, c’est parce que leur salaire fait qu’on s’imagine qu’iels peuvent payer, mais qu’en fait… ben c’est pas toujours le cas. Et donc au mieux, iels ont de l’argent de côté, qu’iels doivent donc retirer de leurs comptes épargne (perdant donc les intérêts) pour, je le rappelle, bankroller leur boîte à taux zéro. Au pire, iels viennent nourrir les stats pré-citées des gens qui se retrouvent à découvert, et doivent donc payer des agios pour, je le répète, financer la tréso de leur entreprise. Et on se dit que oui, on se fait rembourser à la fin, MAIS il suffit que les dépenses soient récurrentes et les délais de valid et de paiement lents, et les pélos se retrouvent à avoir EN PERMANENCE un gros billet dehors pour, je le rappelle, faire un crédit gratos à leur boîte. PLUS QU’UN DERNIER POINT ET VOUS POURREZ INSPIRER. C’est, évidemment, les gens les plus occupé·es par de l’opérationnel, qui se retrouvent donc à cumuler le fait de n’avoir pas de temps ET de devoir passer le plus de temps sur les notes de frais ET avoir le plus de chance de perdre des heures entre la déclaration et les retours compta de type “l’addition indique 6 repas mais vous n’avez écrit que 5 noms sur le justificatif”.
Purée ça fait du bien.
AH J’OUBLIAIS : C’EST BON, VOUS POUVEZ REPRENDRE VOTRE SOUFFLE.
Forcément, si on se retrouve dans une des cases à la croisée de “être un pélos” et “être dans une boîte avec un process compliqué”, c’est logique que parfois, la fatchigue à l’idée de devoir se taper tout un process Douzetravauxd’astérixesque pour un dej de quinze balles fasse qu’on renonce tout bêtement à se faire rembourser un dej de quinze balles (j’ai une copine à qui c’est arrivé maintes fois) (c’est toujours pas moi) (puisque j’ai dit que c’était une copine) (c’est donc pas moi).
Mais pour une fois, je peux conclure un article véner de CDLT avec une solution concrète. Car quand je vous dis que je suis allée voir Lucca pour leur parler d’un sponsoring, je vais vous dire ce qui s’est exactement passé.
Tout a commencé il y a quelques mois. Je discutais avec une personne qui bosse chez Lucca. Et cette personne m’a dit, je me souviens très bien du lieu et du moment parce que le truc s’est gravé dans mon cerveau comme les Dix Commandements sur les Tables de la Loi :
“Tous·tes les employé·es de Lucca ont la carte de frais pro Lucca. En gros on a des règles de dépenses, mais on paye directement avec la carte, et on file des justifs après, comme ça pas de remboursement de note de frais."
Mon cerveau a fait crac-boum. C’est débile hein. Mais je n’avais pas imaginé un monde où MÊME les gens normaux ont le droit à une vie sans notes de frais. À une vie de gens qui ont le poil soyeux et l’œil qui brille. En fait, le truc de l’absurdité du prêt à taux zéro qu’on consent à sa boîte m’est apparu à ce moment-là : j’avais toujours considéré ça comme normal d’avancer de la thune à son entreprise, alors que dans un monde idéal… j’suis pas experte hein… mais en fait l’entreprise elle avancerait les frais occasionnés par le travail ? Je sais pas, y’a que moi que ça fait débloquer ?
Tout ça pour dire que quand, suite à l’intervention de mes potes, j’ai eu l’idée d’un article rigolo sur les notes de frais, je me suis dit hé, mais ptêt que Lucca a envie de s’y associer ? Et il se trouve que oui, parce que Lucca propose bel et bien à tous·tes les employé·es, pas juste les leurs, une carte de paiement digitale ou physique (moi de mon côté je leur propose d’appeler ça la Luccarte) (mais c’est pas obligé) (après ça serait cool) pour les frais pro, qui est incluse dans le forfait pour les boîtes qui utilisent déjà Lucca pour leurs notedefs et leurs factures, et qui permet… BEN ÇA ! LA DISPARITION DES NOTEDEFS ! LE POIL SOYEUX ! C’est tellement cool que des gens sont venus SPONTANÉMENT mentionner Lucca dans mon petit sondage Ipsauce sur Insta. En gros on paye avec la carte, ça trace la dépense en temps réel, et il SUFFIT de prendre une photo du justif qui est automatiquement reconnu et matché avec la transaction. C’est tout. Pas de papier, pas d’avance, pas de palais.
Attention, c’est pas un truc de hippies. On peut fixer des plafonds (j’ai checké, le max du max c’est 100k € sur 30 jours, donc on est good pour les Jéroboams si on le désire), bloquer les paiements si y’a trop de justifs en retard, limiter les paiements à certaines catégories de marchands, et le truc maxi-smart c’est que comme le système Lucca gère aussi les congés, la boîte peut décider de mettre une limite si ledit Jéroboam est acheté pendant ses vacances, ses RTT ou un arrêt.
C’est juste un outil simple, efficace, et qui retourne complètement la logique de l’avance de frais sur la base d’une notion simple : la confiance. Et moi je trouve ça beau, comme disent les Néerlandais. Parce que la confiance, ben ça crée la confiance. L’absence de confiance… ça crée un bordel, et moi je pense que c’est de ce bordel que naissent les fausses notedefs avec ChatGPT.
D’ailleurs, à propos de la confiance dans une entreprise, je vous invite, si vous avez envie de vous faire exploser le cerveau avec un exemple assez fifou, à regarder ou écouter en podcast cette interview de Graffi Rathamohan, CEO de PNY, avec Félix et Jean dans Punchtime. Je l’ai écoutée en faisant, tout le long, la tête de l’emoji avec les yeux ronds et la bouche ouverte.
Bref, UN MONDE DE CONFIANCE EST POSSIBLE.
UN MONDE SANS NOTEDEFS EST POSSIBLE.
Sev
🏄 LE BOARD DE CDLT
Un très très grand merci à toutes les personnes qui ont soutenu CDLT sur le Tipeee, et notamment aux membres du Board :
Treplev33 - Adventure Capitalist
Xtrava - Executive Director, Decelerator Program
Laurent - Business Angel Hydroalcoolique
Antho - Head of STONKS
Lorefine - VP Passive-agressive Income
Romane - Director of Operational and Emotional Excellence
Caro - Vice President of Virtue
CyrilD - Head of Shoulders, Knees and Toes
Argonythe - Vice President, Global Smooth Operations
Valentin - Senior Financial Interior Architect
Sarah - Head of Cash-cashflow
Roxane - Sonic the Hedge Fund Manager
CamilleDnl - Manager of Outside Trading
Aude - Unlimited Partner
Nico - Chief Baby-loan Officer
Frédéric - Senior Vice-President of Prem's
Claire B - Amrchairwoman
Nolwenn - Chief of Stuff
Stef - Senior Partner of Pichenette
Dreeckan - Managing Partner, Surreal Estate
Hfovel - Manager Of Financial Oversight (MOFO)
Atelierbfl - Global President of Camembert
Vincent - Chief Destructuring Officer
Sophie - Associate VP of Chill, Chile and Chili con carne
DelphineDBO - Holding My Beer Head Manager
Florent - Head of Liquid, Solid and Gaseous Assets
Elise - Chief Vibes Officer
Justine - Director of Bonds, James Bonds
Alexis - WOW Effect Director
Catherine - Bête de mécène
Tia_mzz - Chairwoman Emeritus (Emerita ?)
Mathilde - Senior Analyst, Open Mic et Open to Work
Morgane - Partner, M&As & M&M's
Justicepoissons - Director of proprietary Trading Ding Dong
Laety - Partner, Private Equity, Justice and Fairness
Vous êtes vraiment super. Pour toutes les personnes avec des tips récurrents, vous rejoindrez le Board dès qu’on arrive à 10 balles de prise de participation dans CDLT Capital Partners. Mon Excel est en folie je vais évidemment faire des bourdes mais j’espère que vous me pardonnerez.
Et un merci tout particulier à Rui, mon Head of Ruissellement.