Cette semaine dans TTFO, on voyage au coeur de la planète marketing. Je reviens sur 5 jours passés à New York où j’ai pu pendre un bon shot de tendances (bullshit) marketing. Comme dit Séverine, partir à New York c’est l’occasion de prendre 6 mois d’avance sur le cool. Alors go, voici un petit report de ce que le marketing B2C s’autorise déjà là bas.
Spoiler alert : TOUT. Ils s’autorisent tout.
Déjà en 30 minutes de taxi jaune, on capte vite en regardant les affiches que le sujet qui a le plus excité la Startup Nation américaine ces dernières années c’est : LE WELLNESS. Le bonheur. Quoiqu’il en coûte.
Après un mandat de Trump, on va pas leur jeter la pierre, Pierre.
Personnellement si j’adore cette catégorie c’est parce qu’elle pète, haut la main, le game de la provocation marketing.

Du coup, voici un petit récap des best-in-class.
Peloton : Impossible de louper ce grand classique du spinning pour les bourges qui s’ennuient à la maison. La marque est aussi célèbre pour son apparition dans
Sex & The City nouvelle génération que pour ses récents déboires financiers. Un vélo d’appartement à 3000 balles qui ressemble à une Tesla. Un fat écran sur lequel on peut se connecter à des cours en ligne. Le tout en SaaS of course. ROULE ROULE ROULE. Tout y est pour faire transpirer les meilleurs VCs de la vallée. Il y a même une collab’ avec Adidas pour les plus acharnés, ceux qui ont lu le manifesto 3 fois, et qui savent que Peloton c’est avant tout un lifestyle, que dis-je, une communauté.
Spoiled Child : Des pilules sur-craftées qui ressemblent à de l’Adderall pour ta peau et tes veuch’. Bien sûr qu’on est plus proche de la pétro-chimie que du complément alimentaire mais on s’en fout. À New York c’est plus important de rester jeune que de vieillir vieux. À 68$ le sérum anti-chute un peu pimpé, aucun doute non plus sur le fait qu’ils aient bien compris le concept de l’enfant pourri gâté. Côté média, c’est aussi très on-brand. Ils ont pris la formule offensive chez JC Decaux ET chez Clear Channel. Métro, mobilier urbain, cul de bus, DOOH, Times Square. Probablement pas l’autoroute de la rentabilité mais, fuck-it, ils ont le plus gros plan d’affichage de la ville qui ne vieillit jamais. Stay Immature.
Showfields : En termes de concept store très très concept ça se pose là. Le paradis des marques qui sautent à pieds joints dans le WOKISME. On se parle de CBD pour chien, de dentifrice vegan et vitaminé, de skincare super clean où le programme CRM est une plateforme de yoga en ligne… C’est le feu d’artifice du self-care et de la connerie. Chaque petite startup possède son coin de la boutique. Probablement même qu’elles payent Showfields pour être visibles dans le store (pas mal pour faire grossir sa marge quand on est retailer). C’est comme une grande BirchBox en brick & mortar, en plein milieux de Nolita avec un toboggan pour descendre d’un étage à l’autre et un vendeur à l’entrée qui te dit “If you wanna get the full Showfields experience you should start by the 3rd floor”. Dommage qu’on ait raté le sampling de LSD pour se mettre totalement dans le mood mais sachez qu’au-dessus de Showfields c’est le soleil.

Pressed : On vient de voir débarquer Joe & The Juice à Paris il y a pas longtemps donc par peur de me faire old-er, parlons de Pressed Juicery. Un autre bar à jus où il faut avoir mis les pieds si on prétend dire un jour « J’adoooore Williamsburg ». Tellement stylé que je soupçonne leurs homologues parisiens de Wild & The Moon d’avoir osé le copy-cat. Des packagings tellement sobres qu’il en deviennent snobs. Des listes d’ingrédients super courtes. Et BIEN SÛR du chou kale, des épinards, de la betterave, bref, tout ce qu’il faut pour se doucher de l’intérieur et péter pendant ses chiens tête en bas. Un concentré de coolness à 8 dollars les 450ml. ON ADORE.
Voilà, c’était un petit assortiment des choses passionnantes qui vont bientôt arriver chez nous pour nous détendre du slip, nous recentrer sur notre true-self et nous ouvrir les portes des studios de hot-yoga transcendental.
C’est tellement osé d’un point de vue marketing qu’honnêtement ça devient une forme de génie et d’inspiration. Les mauvaises langues répondront que les cons ça osent tout. Pour une fois on ne se positionnera pas.
Bisous,
Romain

