Publié initialement le 08 juillet 2021
Au taf :
Tu as déjà accepté des trucs impossibles pour éviter un clash ✅ / ❌
Tu t’es déjà senti·e obligé·e de garder le sourire après qu’on t’ait mal parlé en call ✅ / ❌
Tu as déjà avalé des couleuvres pour ne froisser personne en réunion ✅ / ❌
On t’a déjà fait comprendre que tu étais redevable à vie de celui·celle pour qui tu bosses ✅ / ❌
Si tu as une majorité de ✅ c’est probablement que tu as été/es toujours le·la presta de quelqu’un.
Pas cool, hein ?
Le truc encore moins cool c’est que volontairement ou involontairement, il y a une chaîne de la maltraitance qui s’entretient entre « prestas ».

Tu prends la pression, tu la mets à ton presta, qui la mettra au sien et ainsi de suite jusqu’à ce que ça arrive sur les épaules de la pauvre personne en bout de chaîne. Tout le monde se sent fort et puissant sauf lui ou elle, pour qui c’est festival. La porte ouverte à toutes les fenêtres.
Des délais impossibles à tenir.
Du taff le week-end ou la nuit.
Des budgets très très serrés.
Des “si ça ne t’intéresse pas de travailler dis-le-moi tout de suite des gens comme toi il y en a plein.”
Des “pour ce tarif t’as intérêt d’envoyer quand même.”
Et bien sûr le fameux “À mon époque c’était pire, de quoi tu te plains ?”
C'est fou comme on oublie vite qu’avant de devenir Manager et de pouvoir dire des atrocités de type : « mon/ma junior », « mes ressources », « mes petits soldats » on a tous commencé dans cette industrie avec 436€/mois et des tickets resto pour les plus chanceux.
A chaque fois qu’on parle comme ça (et on l’a tous déjà fait) on alimente la chaîne de la maltraitance. Il ne faut donc surtout pas s’étonner quand les posts « On recherche un super talent pour rejoindre telle ou telle agence » font 5 likes et 2 coms sur Twitter.
Heureusement on a quand même de belles raisons de penser que ça peut changer. De plus en plus de personnes passent de l’agence à l’annonceur, de l’annonceur au freelance et ainsi de suite dans leur carrière. C’est super car avec l’expérience de ce qui se passe tout en bas de la chaine alimentaire de la prestation, on peut éviter de reproduire les vieux schémas maltraitants le jour où on donne les ordres.
Il faut simplement se rappeler qu’on est tous le presta de quelqu’un.
Bisous,
Romain

