❄️ Divers : Ciao les nazes est toujours dispo en librairiiiiie et… dès AUJOURD’HUI… dans vos oreilles en audiobook sur toutes les plateformes d’audiobooks. OUI. Avec ma voix. Vous pouvez toujours me soutenir si vous voulez/pouvez sur le Tipeee de CDLT et un grand merci à toutes les personnes super qui le font, vous êtes super.
📣 On continue avec la série de l’été CDLT : épisode 4 sur 5
Si vous voulez rattraper, l’épisode 1 est là et l’épisode 2 est là et l’épisode 3 est là.
Où on en était : Denis a craqué car il a toujours pas trouvé sa ressource, le pauvre, tandis qu’Anne-Céleste ne veut pas lâcher Inès qui pourtant clairement aucune envie d’être là. Après un atelier de jaillissement vomitif sur fond de battements de cœur et une cérémonie de cartes “révélation” qui lui a surtout révélé qu'elle était grillée, Louise a enfin réalisé son rêve de marcher sur des braises. Et c'est là qu'Inès a reconnu une intervenante croisée des années plus tôt… sous un autre nom. Il faudrait découvrir qui elle est vraiment. Mais pour ça, il faudrait un téléphone.
Le prochain épisode arrive jeudi prochain. Et si vous avez envie de lire les séries de l’été des années précédentes, les voici : À la recherche du time perdu / Qui a commandé du PQ 3 feuilles ?
Toujours jour 3.
23h52. Je suis assise sur mon lit, tout habillée dans le noir, à regarder le réveil vintage rétro-éclairé sur la table de chevet en serrant Pépère contre moi. Je fouille mes poches pour la huitième fois. Il y a bien ma clé de chambre avec sa petite tuile “Solstice”. C’est tout. J’ai rien d’autre. Vu que tout est dans l’étable qu’on s’apprête à vandaliser.
On a dû décider très vite, pendant que les derniers passaient sur les braises. J’ai fait signe à Jordan de nous rejoindre, et toujours sans bouger les lèvres, je lui ai fait le récap : la meuf en jogging fait partie des contacts LinkedIn d’Inès, elle s’appelle pas Luna, il faut qu’on retrouve qui c’est. Il a compris tout de suite, et surtout, on aurait dit qu’il attendait ça depuis le premier jour :
“La clé de la cabane est dans l’entrée, derrière l’accueil avec les autres clés. Faut qu’on la récupère d’abord. Rendez-vous dans le hall, ce soir, minuit.”
Inès a tout de suite dit :
“Faites sans moi, si ça vous embête pas. J’ai vécu ma dose de trucs stressants ici”.
Ça s’entend.
Le plan est simple. Inès reste en poste dans sa salle de bains, celle qui donne sur la grange et l'étable : Lumière allumée, la voie est libre. Lumière éteinte, on se planque. Jordan et moi, on descend, on récupère la clé de l'étable, on récupère le téléphone d’Inès, on trouve Luna sur LinkedIn, on remet tout, on rentre. Durée estimée : vingt minutes. Bénéfice escompté : savoir qui est vraiment cette meuf en jogging blanc quand elle n’aide des gens à marcher sur des braises, sachant qu’il est tout à fait possible que ça ne nous apprenne rien d’utile, vu qu’on sait pas exactement ce qu’on cherche. Risque estimé : la radiation. Rapport bénéfice-risque : catastrophique. Est-ce que j’ai hésité pour autant ? Non.
23h58, je décide qu’il me faudra bien deux minutes pour descendre. J’ouvre ma porte le plus lentement possible, je la referme tout aussi minutieusement. Dieu merci le couloir est carrelé, parfait pour marcher sans bruit. L’escalier en bois, c’est une autre affaire.
Personne en bas. Je fais quoi si Jordan ne vient pas ? Je ne sais pas si j’ai la foi d’y aller toute seule. Je m’arrête devant la porte d’entrée : c’est une porte vitrée, qui donne sur le jardin, tellement sombre à cette heure qu’on le devine à peine.
Jour 4, 00h00
“Vous venez souvent ici ?”
Je sursaute.
C’est Jordan. Il a chuchoté, mais il aurait pu crier que c’était pareil. Le mec est tellement un ninja que je l’ai pas entendu descendre et se poster derrière moi.
“J’ai un peu d’entraînement”, il précise, pas pour s’excuser de m’avoir fait flipper, juste pour expliquer.
C’est vrai qu’avant de prendre sa retraite de Youtube à 23 ans, le gars s’était spécialisé dans l’Urbex et la visite de maisons hantées en pleine nuit (c’est d’ailleurs comme ça qu’il a fini à la retraite : il y est allé un peu fort sur l’Urbex d’endroits finalement pas si abandonnés, et il a poussé le bouchon un peu loin sur le paranormal en convoquant des esprits de gens pas très recommandables) (en gros, il s’est fait cancel). Ce qu’on fait ce soir c’est du pipi de chat pour lui à côté.
Pas pour moi. J’ai le cœur en vrac, l’estomac qui bat, ou l’inverse, et j’ai du mal à respirer.
Bon.
Avant le casse, le pré-casse : on passe derrière le comptoir en bois.
J’avais pas pensé à un truc : on voit rien. Et on n’a pas de téléphone pour faire lampe de poche.
Soudain une lumière surgit.
C’est Jordan. Il a pensé à tout.
“C’est le porte-clés lumineux que j’ai fait en cours de techno. Ça sert à rien mais je l’ai gardé.
- Philippe serait fier de toi.”
Philippe me manque soudain. On s’est rencontrés tous les trois dans un atelier France Travail, ça aurait été si bien s’il avait été avec nous pour celui-ci. Il va bien rire quand on lui racontera.
Wow, ça fait bizarre… quelqu’un qui me manque. Avoir envie de voir quelqu’un. De lui raconter un truc. Ça m’arrive pas souvent.
Bon, pas le temps de niaiser, on a un casse à casser.
Derrière le comptoir, un tableau de clés tout en bois. Une rangée de petites plaques en céramique calligraphiées. “Solstice”, “Équinoxe”, “Gaïa”... et tout en bas, à part, trois clés à l’aspect plus utilitaire. On prend les trois.
Et on fait bien, car la porte d’entrée est fermée. On essaie les jeux de clés, c’est évidemment le troisième qui marche.
Dehors, il fait un peu frisquet et ça sent encore le charbon brûlé. On longe l’allée de gravier blanc en restant sur la pelouse, pour éviter de faire du bruit. Pour la blague, on marche talon, plante, orteil : on aura au moins appris un truc utile. Je me retourne. Toutes les fenêtres sont éteintes, sauf, tout en haut, sur le côté, un vasistas : la salle de bain d’Inès.
On atteint l'étable. On arrive à l’ouvrir avec un deuxième jeu de clés. À l’intérieur, je retrouve le parfum de nos tout débuts : bois brut, odeur de pied, renoncement. On dirait que ça fait des semaines qu’on est venus ici pour la première fois. Dans la lumière du porte-clés, les quinze casiers surmontés de nos prénoms en jolis déliés. Jordan trouve son casier, je trouve le mien. Mon téléphone est là, exactement où je l'ai posé il y a trois jours, et le prendre dans ma main me fait un truc très inavouable : une sensation de retrouvailles à l'aéroport.
Il est mort.
Évidemment qu'il est mort. Je l'ai déposé allumé et il a passé trois jours à chercher du réseau en crachant sa batterie dans le vide.
Quelle andouille.
J’ai envie de jeter mon smartphone qui vaut un mois d’allocs à travers l’étable.
Je prends celui d'Inès : pareil.
Je me tourne vers Jordan. Il est en train d’attendre que son téléphone s’allume.
“Ben ouais”, il chuchote en voyant ma tête. “Tu éteins pas ton téléphone avant de le poser quelque part toi ?”
Gnagnagna. Je le détesterais si je ne l’aimais pas autant. Évidemment, Jordan appartient à une espèce née avec 15% de batterie, qui a développé des réflexes de survie que nous, les vieux, n'avons pas.
Il a 68% de jus. On s’assoit au sol de l’étable dans l’odeur de pieds.
Mais Jordan fronce les sourcils dans la lumière de son téléphone. Il lève le bras, le redescend, le remonte, se décale de trente centimètres.
“Y’a qu’une barre de réseau.
- Hé merde.
- Attends je vais passer en 4G.
- Ça change quoi ?”
Pendant qu’il fait la manip, il m’explique que le réseau 4G est toujours, dans certains endroits, mieux développé que la 5G, et que plutôt que galérer, c’est plus simple de passer directement en 4G.
Effectivement, ça marche. 4 barres.
Je me bénis de lui avoir dem… de l’avoir supplié de venir avec moi à ce stage.
Tout son téléphone s’anime d’un coup. Une pluie de notifications. Ça dure bien 30 secondes, son écran croule sous les alertes. Je ne savais pas qu’il avait autant d’amis. Ça me rend un peu jalouse.
Je lui demande :
“Hé, regarde si Philippe nous a écrit.
- On n’a pas le temps.
- Alleeeez”.
Il me manque, que voulez-vous.
Et visiblement, on lui manque aussi.
12 messages non-lus, après celui où je lui annonce qu’on n’aura pas nos téléphones pendant 4 jours.
“Oh non merde. Philippe”
“Ça va être long. Philippe”
“J’ai un entretien demain ! Vous savez comment on télécharge Teams ? Philippe”
Purée j’ai envie de chialer, il est beaucoup trop mignon.
“Ah zut c’est vrai que vous êtes pas joignables. Philippe”
“Bon, j’ai réussi à trouver un tuto pour Teams. Mais l’entretien s’est pas très bien passé. Ils m’ont demandé mon expérience professionnelle la plus enrichissante, et la moins enrichissante. Vu que j’en ai qu’une, ça a tourné court. Philippe”
Tu m’étonnes, 40 piges comme prof de techno dans l’Éducation nationale, le mec est totalement incompatible avec un process de recrutement classique. Il sait même pas si il sait “travailler en équipe”, et il est clairement pas “à l’aise avec le changement”.
“Bon, vu que je m’ennuyais, j’ai fait des recherches sur votre truc, là, Essence’ciel. Philippe”
“Accrochez-vous bien. Essence’ciel est possédé par une holding, détenue par un mec qui s’appelle Jean-Charles De Mongier. Et cette holding a aussi des parts dans un gros cabinet de conseil. Philippe.”
“Un truc qui s’appelle Odalys et qui a pignon sur rue et des centaines de salariés. Philippe”
S’ensuit non pas un screenshot issu de Pappers, mais une photo de son écran d’ordi sur Pappers, prise avec son téléphone.
“Après, ça ne veut rien dire hein, mais bon, je m’ennuyais. J’ai retrouvé la photo du Jean-Charles en question, en revanche. Philippe”.
S’ensuit la photo du Jean-Charles en question, elle aussi prise sur son écran d’ordi.
En mood full-Sherlock, je demande à Jordan si ça ne serait pas, par hasard, le mec qu’il a vu parler avec Anne-Céleste.
“Comment tu veux que je sache ? Il faisait nuit.”
Parfois j’oublie qu’il n’est pas surhumain.
On continue à lire :
“Et Essence’ciel a une seule salariée, la femme dont vous aviez parlé : Anne-Céleste. Et c’est marrant, mais avant d’animer des formations hippie, Anne-Céleste était RH… chez Odalys. Le cabinet de conseil. Bref. Philippe.”
On ne sait pas quoi faire de cette info, mais voilà, on a cette info.
“C’est bizarre d’écrire ça tout seul dans le groupe là, mais voilà : vous me manquez. Philippe”
Et voilà.
J’ai la larmiche.
Mais Jordan est déjà passé à autre chose. Il est en train de consulter le profil LinkedIn d’Inès. Heureusement, ses contacts sont publics. Malheureusement, elle en a beaucoup.
J’ai une douloureuse conscience des minutes qui passent alors qu’on scrolle péniblement les milliers de profils. En plus, je suis pas physionomiste. Bref, soyons honnêtes : là tout de suite, c’est moi le “soutien moral”.
Puis Jordan s’arrête.
“Attends ! C’est elle.
- Clique surtout pas, sinon elle va savoir qu’on s’est connectés à Internet.
- J’suis pas intégralement teubé.”
Effectivement, c’est Luna. Enfin, c’est pas “Luna”, elle s’appelle Carine Girard, et elle bosse… dans la branche “Capital Humain” chez Odalys.
C’est chelou toute cette histoire. Je n’ai aucune idée de ce que ça veut dire, qu’on s’entende, mais c’est chelou. Essence’ciel a l’air soudainement vachement moins inoffensif, d’un coup.
Jordan google “Jean-Charles De Mongier” et là, en revanche, y’a du matos. Le mec a été interviewé par l’intégralité de la presse éco pour raconter un sacré paquet de banalités à travers les années. Jordan clique au pif sur un lien datant de 2013. Jean-Charles, à l’époque, est Directeur des Opérations chez PétroFrance, et est interrogé sur les défis de la “conduite du changement”. On y apprend qu’il est surnommé “l'anesthésiste” par les syndicats de l'époque, pour sa capacité à mener des plans sociaux et des fermetures de site en endormissant assez les révoltes pour éviter un mouvement social.
Quand soudain, un vrombissement.
Une voiture se rapproche.
Merde.
Elle s’arrête. Elle est vraiment tout près.
Le moteur se coupe d’un côté de l’étable. On entend des pas sur le gravier de l’autre côté. Merde merde.
On a bien refermé la porte derrière nous, mais pas à clé. Et si quelqu’un entrait ? On aurait bien l’air con. Est-ce qu’il vaut mieux sortir maintenant, et prétexter une addiction aux écrans pour justifier le casse ? Ça nous permettrait de voir la tronche de la personne qui se pointe ici à minuit quinze un mercredi soir.
Non, c’est une idée de merde.
Des voix étouffées à l’extérieur. Je reconnais Anne-Céleste, et un homme plus âgé.
“Jordan tu fais quoi ?” je chuchote.
Jordan, en mode ninja, avance à quatre pattes entre les chaussures qui puent. Il va coller son oreille contre la paroi de l’étable.
“C’est bon, j’arrive à entendre…”
Génie.
“Le mec est énervé. Il dit qu’il a reçu le rapport d’Anne-Céleste d’aujourd’hui, et que ça ne va pas du tout…”
Ok intéressant, la meuf fait des rapports sur nos ateliers sons de baleine. Jordan continue :
“Elle se défend… elle se défend mal sa mère. Elle dit que c’est pas si simple, qu’il faut imaginer… Purée quelle défense de merde. J’ai presque envie de l’aider.”
Doucement.
“… Le gars dit qu’il est impératif que ça avance mieux demain. Les clients attendent, et il a promis des résultats avant la fin de la semaine…”
Des clients ?Des résultats ? C’est quoi le KPI de marcher sur des braises ? Jordan continue la transcription :
“Elle promet que ça va marcher… purée même moi je la crois pas… Il dit qu’il y a intérêt, parce que c’est un gros client, et que c’est pas avec ses formations à la con qu’ils vont réussir à payer toute cette baraque.”
Je le savais, que c’était trop luxe pour être honnête ici.
“Il demande plus de détails sur Inès… oh, et sur toi.”
Je devrais pas, mais je me sens un peu fière. Et flippée. Mais surtout fière.
“Anne-Céleste dit qu’Inès résiste, et que toi tu te doutes d’un truc, mais que c’est pas très grave, parce que tu es bientôt en fin de droits, que ta situation personnelle est catastrophique, et que tu n’as pas vraiment le choix”.
Vachement moins fière d’un coup.
“Elle dit que Pascal peut être intéressant aussi… Le gars dit que la priorité c’est surtout Inès.”
Oui bon, ça va.
“Il dit qu’il sera là demain à 15h, et que tout a intérêt à être réglé avec elle”.
Réglé ? C’est quoi réglé ?
“Je crois qu’ils ont fini.” conclut Jordan.
Effectivement, plus de voix.
La voiture repart et on attend patiemment que les pas d’Anne-Céleste s’éloignent vers la maison. Puis on attend plus longtemps. Et encore un peu, pour faire bonne mesure.
“T’y comprends quelque chose toi ?” je demande, quand je songe à nouveau à respirer.
- Non. Tout ce que ça me dit, c’est qu’effectivement, Inès et toi, vous êtes pas là par hasard. Mais on en saura peut-être plus demain. Enfin, tout à l’heure”.
On débat de l’intérêt ou non de reprendre nos téléphones avec nous. Jordan pense qu’on devrait. Je lui dis qu’ils fouillent nos sacs. Il dit qu’on a qu’à bien les cacher. Je dis que c’est peut-être pas le moment de faire n’importe quoi. Il dit que c’est précisément le moment. Bref, il gagne le débat, et on reprend nos téléphones.
On passe la tête dehors : personne à la ronde, et la lumière de la salle de bains d’Inès est allumée. On remarche talon, plante, orteils jusqu’à la maison dans la nuit. On referme tout. On repose les clés. On se sépare. Je monte jusqu’à ma chambre. J’ouvre très doucement la porte.
Je respire enfin.
J’allume la petite lampe de chevet.
Je cesse de respirer.
Sur ma table de chevet, à côté du paquet de clopes, bien en évidence : mon chargeur.
Il n’était pas là avant.
📣 Rendez-vous la semaine prochaine pour l’épisode final ! Bien sûr qu’il va être maxi-long.
🏄 LE BOARD DE CDLT
Un très GRAND merci à toutes les personnes qui soutiennent CDLT sur le Tipeee, et notamment aux membres du Board :
Jules - Renault Traffic Manager
Sarah - Responsable de l’Éthique Tok
Danaé - Gestionnaire de Patri…cia Kaas
SailingDodo - Déchargé de clientèle
Clémence - Head of Data Yoyo
Aurélia - Growth Hacker de boeuf
Johana - Chief AIL Officer
Agnes - Présidente-Directrice Grève Générale
Cécile - Chief Digital and Manual Officer
Hélène - Head of Culture, Permaculture, Viticulture and Contreculture
MJOLN - Directrice de Cabernet
Md - Chief Revenue et Repartie Officer
Lauren - Chief Illegal Officer
Nicoquillet - Financial TripAdvisor
Emilie - Head of Asocial Media
Jean-Marc - Head of Accounting and Accountability
Boris - Partner social
Wwahya - Director of Superhuman resources
Dodoparadisco - Coach agile de la Tourette
Marie-Cécile - VP of Chaos Debout Management
Céline - VP of Discontent Strategy
Nacha - Lead Eve Angelist
Iris - Director of Capital Go With The Flow Strategy
M - Responsable de la Création de Valeur pas Actuelle
Agathe - Chief cinq asset management officer
Pauline - Venture Caïpitalist
AlexP - Head Account of Monte-Cristo Manager
Thael - CEO, EMEA and YMCA
Adina - Majority Chairdepoule-holder
Ninacaramel - Vice President of Sales (& Propres)
Safiler - VP, Investor et à Travers Relations
David - Principal, Early Stage Investment & Late-stage capitalism
Adeline - Senior Advisor, Special Situations, Common Situations, All Situations
AnneKer - Limited partner, Limited Patience
T.J.N - Managing Partner, Impact in 3, 2, 1
Édouard - Senior Advisor, Distressed Assets & Relaxed People
Legnaflow - Head of Risk & La Bonne Paye Exposure
Astrid - Executive Fantasy Director
Philothée - Head of Trade Génie
Eléa - Chief Non-Compliance Officer
Sophie - Trust Manager, Trust Issues Solver
Antoine - Head of Very Alternative Investments
Camille - Head of Lose and Loose Change
Treplev33 - Adventure Capitalist
Xtrava - Executive Director, Decelerator Program
Laurent - Business Angel Hydroalcoolique
Antho - Head of STONKS
Lorefine - VP Passive-agressive Income
Romane - Director of Operational and Emotional Excellence
Caro - Vice President of Virtue
CyrilD - Head of Shoulders, Knees and Toes
Argonythe - Vice President, Global Smooth Operations
Valentin - Senior Financial Interior Architect
Sarah - Head of Cash-cashflow
Roxane - Sonic the Hedge Fund Manager
CamilleDnl - Manager of Outside Trading
Aude - Unlimited Partner
Nico - Chief Baby-loan Officer
Frédéric - Senior Vice-President of Prem's
Claire B - Amrchairwoman
Nolwenn - Chief of Stuff
Stef - Senior Partner of Pichenette
Dreeckan - Managing Partner, Surreal Estate
Hfovel - Manager Of Financial Oversight (MOFO)
Atelierbfl - Global President of Camembert
Vincent - Chief Destructuring Officer
Sophie - Associate VP of Chill, Chile and Chili con carne
DelphineDBO - Holding My Beer Head Manager
Florent - Head of Liquid, Solid and Gaseous Assets
Elise - Chief Vibes Officer
Justine - Director of Bonds, James Bonds
Alexis - WOW Effect Director
Catherine - Bête de mécène
Tia_mzz - Chairwoman Emeritus (Emerita ?)
Mathilde - Senior Analyst, Open Mic et Open to Work
Morgane - Partner, M&As & M&M's
Justicepoissons - Director of proprietary Trading Ding Dong
Laety - Partner, Private Equity, Justice and Fairness
Vous êtes vraiment super.
CDLT,
Sev

